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mercredi 21 janvier 2009

Inauguration: le dossier du Boston Globe

Contreplongés ou vues aériennes saisissantes: la qualité des 48 photos plein format du dossier du Boston Globe est exceptionnelle.
Cliquez sur l'image pour y accéder.

Serment et discours d'inauguration d'Obama

Notez l'attitude du plus grand sérieux du président pendant son discours. Il faut aussi souligner les changements de propos comme quoi les États-Unis ne peuvent plus abuser de la puissance que leur confère leur statut de première puissance du monde ou que la recherche de sécurité ne doit pas mener à prendre des raccourcis dans les droits et libertés que confèrent la Constitution.


dimanche 11 janvier 2009

Obama rétablit une tradition dans les relations canado-américaines

Via le blogue de Chantal Hébert: «Obama au Canada ou la chance de partir du bon pied »

[Barack Obama] a accepté l’invitation du Premier ministre de se rendre au Canada peu après son inauguration. Ce sera ainsi la première visite du président Obama à l’étranger.

[...] L’équipe Harper considère cette visite comme un très bon coup. D’abord parce qu’elle rétablit une tradition mise de côté à son arrivée au pouvoir par Georges W. Bush et qui voulait que le Canada soit la première destination internationale du nouveau locataire de la Maison-Blanche. [Note du profenhistoire: En 2001, Bush avait choisit le Mexique].

Ensuite, parce qu’en tandem avec le dossier incontournable de l’économie, la gestion de la relation canado-américaine est la grande priorité de Stephen Harper en 2009.

L’arrivée du président Obama va notamment avoir un impact déterminant sur la suite des choses pour le Canada en Afghanistan, en matière de changements climatiques et sur le front de l’énergie. À Ottawa, on s’attend à recevoir des appels du pied pour prolonger la mission canadienne à Kandhahar au delà de 2011 ou, tout au moins, pour continuer de jouer un rôle important en Afghanistan après cette échéance. D’autre part, le Canada rêve d’un pacte nord-américain qui arrimerait les efforts de lutte aux changements climatiques des deux pays à leurs intérêts énergétiques réciproques.

Finalement, dans un monde idéal, les faiseurs d’image conservateurs ne détesteraient pas voir un peu de la popularité du nouveau président rejaillir sur les politiques du premier ministre.

lundi 13 octobre 2008

La décalaration universelle des droits de l'homme

Voici la déclaration universelle des droits de l'homme (1948), une des plus inspirantes institutions de l'humanité, mise en mouvement à la faveur de la chef de l'opposition de Birmanie, Aung San Suu Kyi, emprisonnée dans sa résidence depuis 1989 par le gouvernement militaire illégitime de Than Shwe. La Birmanie est dirigée par des militaires depuis 1962.


Par Seth Brau.

samedi 11 octobre 2008

Quand le design sert l'intolérance contre l'itinérance

Le nouveau mobiliser urbain au centre-ville va faire obstacle à l'habitude des itinérants d'y dormir.
Quand on se souvient des prises de position du maire de l'arrondissement Benoit Labonté contre l'itinérance, il ne faudrait pas se surprendre que ce soit moins une idée du designer industriel Michel Dallaire mais bien une condition que stipulait le contrat. Montréal rejoint ainsi Paris et Toronto qui ont fait un choix semblable. Choquant.

Garnotte illustre la fin de campagne de Harper par une analogie de F1

Garnotte, Le Devoir, 10 octobre 2008.

Harper a perdu plusieurs points de pourcentage récemment. Cela serait dû entre autres au fait qu'à la télévision nationale anglophone, il a déclaré que la crise boursière qui précède la débâcle économique qui s'annonce était aussi l'occasion de faire de bonnes affaires pendant que les titres peuvent être achetés à plus bas prix que leur valeur réelle.



Si ce n'est pas faux pour les mieux nantis, ils seront sans doute moins nombreux que ceux qui subiront les contrecoups négatifs de la crise appréhendée. C'est pourquoi la F1 Harper perd des morceaux et voit poindre les concurrents à l'horizon.

mercredi 1 octobre 2008

Devoir de Leadership

Bonjoouur gaaang de LEADERS!

Comme premier devoir, vous devez vous prononcer sur la question suivante: qui, dans le débat que vous avez regardé ou dans cet extrait du téléjournal de Radio-Canada, démontre le plus de leadership selon vous? Répondez en cliquant sur « commentaires » au bas de ce message. Justifiez brièvement (« À mon avis, le meilleur leader est _____________ parce que... ».

Extrait du téléjournal de Radio-Canada

L'objectif du devoir est de vérifier que vous possédez les compétences informatiques pour participer à un blogue. Une récupération obligatoire sera donnée à ceux qui ne les ont pas, parce que l'évaluation en leadership se fera à partir de vos projets de leadership que vous montrerez dans des messages d'un blogue que je créerai bientôt pour vous.

samedi 20 septembre 2008

Culture en péril, la vidéo

À l'émission de Marie-France Bazzo cette semaine, le chroniqueur de La Presse Vincent Marissal affirmait que les compressions budgétaires des Conservateurs de Stephen Harper en culture sont faites pour plaire à l'électorat canadien qui croit qu'il faut réduire les enveloppes aux artistes pendant que l'économie se porte mal.

On a d'abord cru que les électeurs québécois puniraient le premier ministre sortant pour ne pas respecter la culture d'ici. Au contraire, les sondages n'ont jamais montré Harper si fort: est-ce dire que les Québécois croient que les artistes à succès sont gâtés et que les autres sont inutiles? Le milieu artistique est isolé alors que seuls les médias semblent se plaindre de la situation. Michel Rivard, Stéphane Rousseau et des réalisateurs québécois anonymes ont mis en ligne hier la meilleure dénonciation de la situation, une mordante satire de l'inapplicabilité des nouvelles consignes du ministère des affaires culturelles.

Mise à jour: Ce matin@René Homier-Roy (21sept.), la journaliste Chantal Hébert faisait valoir à juste titre que, si elle est bien faite, la contre-attaque de Rivard et al est « remarquablement hors propos ». Ce n'est pas le caractère anti-francophone qui ressort des politiques de Harper mais « une façon d'aborder la culture qui est une agression contre [l'idée] qu'on se fait du Canada en matière culturelle », pas une agression contre les francophones (les anglos voient leurs manifestations culturelles coupées tout autant). Des observations pertinentes.

mardi 16 septembre 2008

Garnotte mélange politique et actualité alimentaire

Caricature drôlatique de Garnotte qui égratignait chacun des quatre chefs des principaux partis fédéraux dans Le Devoir du lundi 15 septembre.


Stephen Harper, « vieux bleu », le bleu est la couleur de son parti (conservateur) et vieux parce que ses valeurs conservatrices (loi et ordre, famille conventionnelle, réduction d'impôts, non-intervention du gouvernement, militarisation de la société) sont un retour aux années 80.

Stéphane Dion, « le tournant vert », du nom de la politique environnementale (fleurie) au coeur du programme du parti libéral pour laquelle les Canadiennes et Canadiens ne démontrent pas plus d'enthousiasme que pour le chef lui-même (pâte molle). Ça va mal pour les libéraux fédéraux rapportent les sondages.

Jack Layton, « le chef qui rit », parce que l'ami Jack du Nouveau Parti Démocratique est toujours de bonne humeur mais manque peut-être de profondeur. Il a la boucle d'oreille du fromage appelé « La vache qui rit ».

Gilles Duceppe, « bloc de p'tit Québec » et sa date de péremption en 1995 rend compte de la critique fondamentale qui a été faite du Bloc Québécois depuis le tout début de la campagne: plusieurs pensent que le Bloc a fait son temps et qu'il n'est plus un choix valable pour le Québec. Je ne suis toutefois pas de ceux-là.

samedi 30 août 2008

Obama à la convention démocrate

On ne parle que d'élection en politique canadienne et américaine ces jours-ci. Harper fait durer un suspense qui n'est que stratégique et tous les analystes savent que nous irons aux urnes en octobre. Plutôt que de réélire un autre gouvernement conservateur minoritaire comme ce qui semble se dessiner, plusieurs Canadiens disent dans les sondages qu'ils échangeraient cette année leur droit de vote contre un bulletin américain, tant la course entre le républicain McCain et Obama le démocrate déclenche les passions. Est-ce Obama qui remplacera Georges W. Bush ou bien son successeur John McCain? On l'apprendra le 4 novembre prochain.

Jeudi se clôturait la convention des Démocrates qui marque le début de la campagne électorale chez nos voisins. Devant 80 000 personnes Barack Obama y a livré un des bons discours de sa carrière, tout en se laissant l'espace pour mieux faire d'ici le jour du vote. Le blogue histoire et société a hâte aux trois débats télévisés! En attendant, voici le meilleur extrait de l'allocution de jeudi.


Revoyez le discours d'Obama en Allemagne: http://leprofenhistoire.blogspot.com/2008/07/obama-dans-les-pas-de-kennedy.html

dimanche 17 août 2008

Les Bahamas plutôt que des grossesses à risque

« Le grand stress vécu par les femmes enceintes a des conséquences tenaces sur le développement de leurs enfants. Une étude menée par l'hôpital Douglas sur des bambins qui ont vécu la crise du verglas dans le ventre de leur mère révèle que cinq ans et demi après leur naissance, les effets sont encore perceptibles.

Les jeunes dont la mère a vécu un grand stress durant la crise de 1998 présentent des quotients intellectuels (QI) de 10 points moins élevés que ceux dont la mère n'a vécu qu'un stress léger (106 contre 116) », rapportait Ariane Lacoursière dans La Presse du 15 août. Ces résultats ont fait dire à une des chercheuses que le gouvernement québécois devrait considérer envoyer les femmes enceintes en vacances au Bahamas plutôt que de vivre les conséquences d'une grossesse à risque si une crise comparable à celle du verglas devait survenir: la prévention aurait des coûts moins élevés à long terme. L'idée d'un interventionnisme gouvernemental novateur se projetant au futur a de quoi me plaire.

jeudi 14 août 2008

Le cessez-le-feu russe se fait attendre en Géorgie

La Géorgie est un pays du Caucase, elle est ainsi située à la rencontre de l'Europe, de l'Asie et du Moyen-Orient et a pour voisins l'Azerbaïdjan, l'Arménie, la Turquie et surtout la Russie. Comme bien d'autres, la Géorgie fut sous domination russe de 1921 à 1991 pendant le régime soviétique. Depuis que Moscou a refait fortune avec le pétrole et le gaz à la fin des années 90, la Russie est de retour au plus fort du jeu d'influence international et des prétentions territoriales. Elle menace à nouveau aujourd'hui l'indépendance de l'ancien satellite géorgien en organisant les mouvements séparatistes dans deux parties de la Géorgie appelées Abkhazie et Ossétie du Sud, à plus fortes concentrations russes, qui se rattacheraient alors à la Russie.

Le 7 août, à la veille de l'ouverture des jeux olympiques, le président géorgien Mikheil Saakachvili envoya son armée occuper le territoire ossète pour y casser le mouvement dissident pro-russe. C'est alors que la Russie dirigée par la paire Poutine-Medvedev a répliqué avec la leur dans les deux provinces géorgiennes mais aussi en mer et dans les villes de Tbilissi et Gori (pourtant à l'extérieur de l'Ossétie du Sud), en dépit du cessez-le-feu qu'a aussi signé la Russie lundi, à l'initiative de la France. L'offensive a même écorché des sites Internet gouvernementaux géorgiens! Nous sommes donc devant une véritable guerre, ouverte sur plusieurs fronts, dans laquelle aucune convention internationale qui doit habituellement avoir cours en pareil conflit n'est respectée. Les enjeux sont l'intégrité territoriale géorgienne et ses sympathies pour l'Occident contre les volontés de puissance et le contrôle des corridors gaziers et pétroliers sous-terrains que veut se garantir la Russie, peu importe le prix.

Cliquez ici pour une carte active des enjeux.

Poutine réclame la démission de Saakachvili. 56 000 Géorgiens ont fui leurs demeures, de peur de l'armée russe et des pilleurs qui les accompagnent, 300 sont morts. Il fallait aussi voir les journalistes de la télévision de Radio-Canada se faire menacer par un homme armé d'un pistolet qui leur a ensuite volé leur camionnette de reportage sous l'œil indifférent des soldats russes. Quand on regarde les représailles israéliennes disproportionnées contre le Liban en 2006 et maintenant celles d'une Russie complètent opportuniste, on se doit de regretter que le nombre de conflits armés sur Terre, s'il a diminué depuis 30 ans, connaisse encore des soubresauts.

vendredi 1 août 2008

Censure et pollution aux Jeux olympiques

Une caricature truculente de Garnotte (Le Devoir, 31 juillet 2008, p. A6) qui réinterprète le slogan publicitaire d'une compagnie de télécommunication d'ici à la chinoise.

La pression qui s'accroissait sur le gouvernement chinois l'amène à relaxer un peu la censure qu'il exerce sur l'Internet, et ce n'est pas la lumineuse caricature de Garnotte à qui on doit ce fait. À l'obtention des jeux, Pékin s'était engagée à faire progresser la cause des droits humains comme la liberté de parole. Cependant, à moins de dix jours des jeux, l'État réitérait avant-hier qu'elle allait maintenir interdite, même pour les journalistes étrangers, les pages qui concernent le mouvement falun gong, la cause tibétaine, des médias étrangers comme la BBC ou de grandes organisation non-gouvernementales comme Amnistie Internationale. Des dénonciations de l'inaction du Comité international olympique dans ce dossier se sont faites entendre. On apprend aujourd'hui que le gouvernement chinois revient en partie sur sa décision et ne limitera pas les journalistes olympiques à la stricte couverture des disciplines sportives plutôt que de rendre un portrait plus complet de la culture, de la société et des pouvoir en Chine. Heureusement.

La liberté de presse est un principe primordial à nos yeux occidentaux. Il vient en contradiction avec la volonté de l'État chinois de présenter une image d'unité et de nouvelle puissance mondiale. Si on a raison de s'en indigner tout comme de l'utilisation de la peine de mort, de l'emprisonnement arbitraire et des exils forcés contre les opposants au régime; il ne faudrait pas penser qu'une tradition démocratique peut s'établir en Chine en l'espace de quelques semaines. En fait, les premières réformes économiques en Chine sont survenues en 1978. À l'époque, Montréal venait d'accueillir deux ans plus tôt ses propres jeux. L'excellente émission « Tout le monde en parlait » de Radio-Canada rappelait cette semaine comment avait procédé le gouvernement municipal pour nettoyer la ville de ses marginaux: les pauvres, les itinérants et les homosexuels, le sujet du documentaire. Nous qui affichons aujourd'hui nos airs vertueux n'avons pas mieux agi que la Chine en même circonstances. Au rajout, on se rappellera que la peine de mort n'est abolie que dans douze des 50 états de nos voisins et amis américains, qu'ils ont recours à la torture à Guantanamo et ailleurs depuis 2001, et qu'au Canada, le gouvernement de Stephen Harper tarde à rapatrier Omar Kader malgré le fait qu'on sait qu'il a subi ce châtiment alors qu'il n'était encore qu'un adolescent. De quoi faire réfléchir.

Cela ne doit pas nous empêcher de réagir quand le South China Morning Post, un journal contrôlé par l'État chinois, rapporte que les policiers vont demander aux bars de ne pas servir les noirs et la population de Mongolie à l'occasion des jeux. Il s'agit de trouver le ton juste, plus humain, moins moralisateur, dans nos luttes. De tout mon cœur j'espère revoir des manifestations de masse en Chine comme en 1989 à l'occasion des événements de la place Tian'anmen. Certes elle fut réprimée dans la violence mais c'est sans doute pire pour les dissidents isolés qui courent trop de risques. Plusieurs exemples récents d'action concertée sont plus heureux: l'Ukraine, le Zimbabwe, et dans une moindre mesure, celle des moines birmans portera certainement un jour ses fruits.

Outre la censure, la pollution atmosphérique provoque beaucoup d'émoi à l'approche des JO. Il s'agit d'un autre dossier à surveiller.

Le stade olympique de Pékin dans le smog.

Pour aller plus loin: Le Monde. « L'explosion du Web en Chine est un défi pour les autorités ». Le Devoir, 02 août 2008.

vendredi 25 juillet 2008

Obama dans les pas de Kennedy à Berlin

Au 18e siècle un Grand tour de l'Europe préparait les jeunes hommes aux fonctions aristocratiques que leur réservaient leur vie d'adulte. Façon 2008, le candidat du parti démocrate américain Barack Obama a visité l'Irak, le Koweit, la Jordanie, Israël, l'Afghanistan et se rendra bientôt en France et en Angleterre. Son but: convaincre ses concitoyens que sa stature, ses connaissances et ses compétences sont l'étoffe d'un président des États-Unis. Son périple le menait hier à Berlin, sur les traces de John F. Kennedy.

Dans un discours de 1963, le plus célèbre président américain avait proclamé « Ich bin ein Berliner » (« je suis un Berlinois »), associant son destin à celui des habitants de Berlin-ouest en quelques mots d'allemand. Depuis l'édification du mur de Berlin de 1961 qui empêchait la fuite des habitants de l'Est vers l'Ouest, les habitants de Berlin-ouest se sentaient menacés d'une invasion possible des forces communistes de l'Allemagne de l'Est dans laquelle la ville était enclavée. Le mur tomba en 1989 et l'Allemagne fut réunifiée en 1990.

Hier, 200 000 personnes se sont massés pour accueillir Obama qui y a livré un discours à la hauteur de sa réputation d'orateur. Il a été particulièrement applaudi quand il a réitéré sa volonté de retirer les soldats américains d'Irak et de freiner les changements climatiques. Cependant, malgré l'ampleur de la couverture médiatique, les Américains se soucieraient davantage d'affaires locales comme la détérioration de l'économie américaines que de la politique étrangère du pays. Obama serait ainsi en tête dans la course à la présidence mais de 4 petits points de pourcentage.


Deux démocrates américains à Berlin, JFK (1963) et Barack Obama (2008).

samedi 19 juillet 2008

Omar Khadr demeure prisonnier

Vous avez sans doute déjà vu cette photo. C'est celle d'Omar Khadr, un Torontois capturé à 15 ans en Afghanistan, au côté des Talibans pour lesquels son père se battait et était un des financiers.

Accusé de participation à un mouvement terroriste et d'avoir tué un soldat américain au moyen d'une grenade, Omar Khadr croupit à la prison militaire américaine de Guantanamo, Cuba, depuis 6 ans. Il y a été torturé par les Américains qui l'ont entre autres privé de sommeil pendant 3 semaines en le changeant fréquemment de cellule avant de subir trois jours d'interrogatoire de 2003 dont je vous présente un extrait. Avertissement: c'est troublant et extrêmement dur. D'abord réjouit de rencontrer enfin des diplomates de son pays, Khadr apparaît entièrement brisé quand il se rend compte que ses vis-à-vis ne sont pas là pour l'aider mais pour l'interroger comme l'ont fait avant eux les Américains.

Le choix de vous présenter ces images vient du fait que vous méritez de juger de vous même le sort réservé à Khadr qui n'y est pas plus âgé que vous. Elles ont été données aux médias par ses avocats qui réclament son retour au Canada, comme la quasi-unanimité des journaux canadiens et les trois partis d'opposition au gouvernement Harper qui lui refuse ce privilège. Elles ont fait le tour du monde. Notons que les Français, les Britanniques et les Australiens qui étaient dans la situation d'Omar Khadr ont tous été rapatriés sans même avoir été des mineurs au moment de leur arrestation. Il n'y a ainsi plus d'Occidentaux à Guantanamo... sauf Omar Khadr, malgré que le Canada adhère aux conventions internationales qui interdisent la torture. C'est un scandale! Espérons que la pression exercée par la population canadienne saura enfin faire fléchir Harper pour qui les obsessions de sécurité et le désir de satisfaire le gouvernement américain paraissent plus important que d'assurer les services de base à chacun de ses citoyens.

Nelson Mandela a 90 ans

Partout dans le monde on a souligné hier le 90e anniversaire du personnage politique le plus respecté: le Sud-africain Nelson Mandela. Avocat, président de son pays de 1994 à 1999 et Nobel de la paix 1993, celui qu'on surnomme « le sage d'Afrique » a d'abord servi une sentence d'emprisonnement de 1963 à 1990 parce qu'il était le leader de la contestation contre la ségrégation des noirs au profit de la puissante minorité blanche en Afrique du Sud, un régime raciste qu'on appelait apartheid. Nelson Mandela est toujours actif sur la scène internationale, dans la lutte contre le Sida notamment.

jeudi 24 janvier 2008

Caricature de Garnotte: « Le salon de l'auto politique »

Les salons de l'auto de Détroit et de Montréal ont inspiré Garnotte, le caricaturiste du Devoir lors de la fin de semaine du 19 janvier.



Voici l'explication des trois bolides, métaphore illustrant la situation et les travers des partis politiques québécois.

Parti Québécois:
Toute nouvelle direction assistée: Pauline Marois a repris les commandes du PQ et a imposé ses idées.
Aile gauche redessinée: les idées de solidarité sociale et de lutte aux inégalités entre riches et pauvres (la gauche politique) a moins d'écoute de Marois que la droite.
Déflecteur antiturbulences: le PQ a été très affecté par la perte de popularité d'André Boisclair, son ancien chef. Très rarement le parti ne connaît-il pas de conflits internes. Un aileron pour lui donner de la stabilité serait bienvenue.
Pare-choc référendaire: L'idée de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec que véhicule le PQ a été tenu à distance pour les prochains mois.

Parti Libéral (gouvernement minoritaire):
Cruise-control: Le Parti Libéral du Québec a été à la tête d'un gouvernement minoritaire. Il dirige la province sur le pilote automatique, sans faire de vagues.
Ordinateur de bord bilingue: le grand sujet de janvier, alors que le PLQ nie que la situation du français à Montréal se fragilise.
Moteur hybride ppp: Les PPP, les « partenariats public-privé » représentent une manière de consentir des contrats par le gouvernement qui choque une partie de population. Quand le gouvernement doute de la capacité ou de l'efficacité des employés à son emploi (le secteur public) de réaliser un projet ou de maintenir un service, la nouvelle mode en gouvernance est de confier le projet ou le service à l'entreprise privée. Quand on sait que le but desdites compagnies est de faire des profits, certains se demandent comment est-il possible de réaliser des économies.

Action Démocratique du Québec (opposition officielle):
La girouette-GPS et rayon de bracage permettant les virages en U: Mario Dumont, le chef de la formation politique est connu pour ses changements d'opinion à 180degrés.
Silencieux pour ne pas avoir l'air niaseux: On se moquait déjà des élus de l'ADQ qui se cachaient derrière leur chef, voilà qu'un d'eux a commis un terrible lapsus récemment où il affirmait en substance qu'il vaut mieux se taire et avoir l'air niaiseux et de le prouver en parlant (le proverbe dit qu'il vaut mieux parler au risque d'avoir l'air niaiseux que de se taire et de le prouver).

jeudi 27 décembre 2007

Benazir Bhutto (1953-2007)

Par manque de temps et parce que l’actualité au Pakistan était en perpétuelle effervescence, j’ai passé l’automne à vouloir blogguer sur Benazir Bhutto sans le faire. L’actualité m’y contraint aujourd’hui, dans de terribles circonstances.

Victime de balles au cou, à la tête en plus d’une bombe que transportait un kamikaze [précision du 12-28: la version de l'armée diverge], Benazir Bhutto est décédée aujourd’hui à l’âge de 54 ans. Candidate la plus ouverte à des réformes démocratiques en son pays, elle fut la première femme à diriger un État musulman en 1988. Elle n'avait alors que 35 ans. En octobre dernier, elle était rentrée de huit ans d’exil en vue de diriger à nouveau pour les élections à venir son parti politique (le PPP, fondé par son père président jusqu’à 1977). 139 personnes avaient alors trouvé la mort dans un attentat mais elle y avait survécu. À deux semaines de l’événement qui avait présidé à son retour, celle-ci aura eu moins de chance.

Le Pakistan est déchiré en trois camps : l’armée (d’où est issu l’actuel dictateur Pervez Musharraf), les islamistes radicaux (proches des talibans de l’Afrghanistan dont le Pakistan est le voisin) et les supporters de Mme Bhutto. Les deux camps rivaux du parti de Mme Bhutto se détestent mais tous deux avaient des raisons de souhaiter sa disparition. La communauté internationale s’attend maintenant à ce que le pays affronte une période trouble. Par la suite, quelle faction s’imposera-t-elle ? La dictature militaire pakistanaise se durcira-t-elle ? La voix démocratique de Benazir Bhutto saura-t-elle triompher ou bien le pays basculera-t-il dans un fondamentalisme religieux que les auteurs présumés de l’attentat espèrent ? Le monde retient son souffle.

Timidement j’avais inscrit le nom de Bhutto dans mon bulletin des attitudes comme un modèle international d’intégrité. Celle-ci n’est pas sans défaut : elle et son mari ont probablement reçu des pots de vin importants (la justice lui imposa le choix entre l'exil ou la prison). Le courage qu’elle aura montré par son retour aux affaires aura toutefois redonné tout le lustre à sa réputation. Sa mort se déroule à l’autre bout du monde et la politique internationale n’est probablement pas le sujet que tu maîtrises le mieux. C’était un peu ma responsabilité que de t’y initier (quelques vidéos illustrant la carrière de Bhutto et le contexte de sa mort se trouve sur la page d'RDI. Clique.). Mieux vaux tard que jamais. Les répercussions de cet événement ne sont pas moins importantes que la mort d’un John F. Kennedy aux États-Unis en 1963. C'est tout un choc.